France Gauthier | LA PACIFICATION
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LA PACIFICATION

LA PACIFICATION

 

À l’occasion de la sortie de mon nouveau livre, L’Insoutenable Légèreté de Mourir, j’ai eu envie de parler de l’importance de pacifier nos conflits relationnels, dans toutes nos relations, au fur et à mesure que les malentendus ou les accrochages surviennent dans nos vies, et ne pas attendre d’être au seuil de la mort pour le faire. Parce que si, selon moi, le thème le plus important à aborder avec nos proches, quand ils approchent du grand passage, est bien celui du pardon, tant de soi que des autres, il l’est aussi tout au long de notre vie pour s’alléger du poids du ressentiment, de l’amertume et des regrets.

J’ai commencé à avoir des discussions à ce sujet avec mes enfants dès qu’ils ont été en âge de comprendre à quel point la vie est plus douce quand on sait reconnaître nos tords et pardonner à ceux qui nous blessent au passage, parce qu’ils sont blessés eux-mêmes ou inconscients. Pourtant, l’être humain a bien plus tendance à balayer en dessus du tapis ses petits différents (ou grands!) et culpabilités plutôt que d’affronter l’autre pour nommer ce qui nous a heurté ou encore demander pardon quand nous sommes l’agent provocateur dans la situation conflictuelle. Tout le concept du Ho’oponopono est d’ailleurs basé sur cette notion de responsabilité de la création commune, que ce soit avec un seul individu ou avec toute la collectivité. Bref, qu’on soit la victime ou le bourreau, c’est le même karma, et la pacification est aussi importante pour un que pour l’autre. Faire la paix, en soi et autour de soi, est un thème central pour vivre dans la joie et l’harmonie. Parce que la paix intérieure ne peut exister que si elle s’exprime aussi à l’extérieur, il devient  impératif de la cultiver à grand coup de bienveillance et de gestes réconciliateurs.

Dernièrement, j’ai offert consciemment sur un plateau d’argent une « conséquence » à un proche qui, selon mon schème de valeurs, me manquait de respect. Pour rester alignée avec qui je suis, j’ai annulé une sortie avec cette personne, pour lui démontrer que je n’acceptais pas ce type de comportement qui me heurtait. Il ne s’agit pas ici de savoir qui a raison, qui a tort, mais simplement de se respecter soi-même quand l’attitude de l’autre nous blesse. J’ai tout de même pris le temps de nommer ce qui me dérangeait, puis je me suis choisie et j’ai fait autre chose que le plan initial. La soirée s’est avérée extraordinaire et m’a prouvée que j’avais fait le bon choix. Après avoir pris un peu de recul pendant quelques jours, afin que les émotions ne teintent pas mes paroles, je me suis expliquée avec la personne en question, pour nommer, sans aucune charge accusatrice contre l’autre, ce qui m’avait heurté.

Oui, ça prend du courage pour être vrai, dire les choses clairement et se respecter en toute circonstance, surtout quand on sait que ça va déplaire à l’autre. Et ça en prend une dose additionnelle pour le faire avec amour. Mais quand ces situations se présentent, je me rappelle toujours que seul l’amour guérit.

Pour votre information, et en guise de conclusion, sachez que l’harmonie est revenue avec la personne concernée. Mais si cela n’avait pas été le cas, je ne me serais pas sentie coupable de m’être choisie. Sur un chemin d’éveil, il faut savoir ne plus jouer dans le scénario de culpabilité pour avancer vers la meilleure version de soi, même quand cela implique de transformer une relation ou de la laisser aller.