France Gauthier | Parfaitement imparfait (e)
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Parfaitement imparfait (e)

Parfaitement imparfait (e)

Que de pression on s’impose pour atteindre la perfection! La perfection dans nos relations, la perfection au travail, la perfection du corps… ou à tout le moins, l’apparence de perfection. Parce que tout est encore une affaire d’image, celle qu’on projette de soi pour être aimé et reconnu. « De quoi vais-je avoir l’air? » « Qu’est-ce que les gens vont penser de moi? » Combien de fois vous êtes-vous posé ces questions, à voix haute ou intérieurement? Si on est totalement honnête avec soi, même nos « je me fous de ce que les autres en pensent » sonnent souvent faux. J’admets avoir émis l’intention de me foutre de ce que les gens en pensent plus d’une fois, pour ensuite passer des heures à refaire le scénario afin qu’il soit parfait et qu’on n’ait aucun reproche à me faire. Mais d’où vient cette quête incessante de perfection, inatteignable par ailleurs? De notre ignorance. Ignorance provenant d’une interprétation du sens réel de notre existence sur cette planète. Pour simplifier, nous avons confondu « idéal » et « perfection ».

Commençons donc par définir ces deux termes pour mieux en comprendre la différence. L’idéal est l’expression naturelle de notre Être dans toute son essence, son parfum, sa couleur unique. La perfection est une déformation de cette expression dans un contexte imposé de performance et de compétition. Le travail idéal, par exemple, serait celui qui nous stimule à exprimer nos dons et nos qualités à tous les niveaux. Si vous êtes un guérisseur, vous chercherez un emploi ou un projet qui va mettre vos talents de guérison de l’avant, dans un cadre stimulant. Si vous êtes un enseignant, vous allez chercher à transmettre des connaissances dans des conditions optimales. Si vous êtes bâtisseur, vous voudrez bâtir… Vous saisissez le topo. Même chose pour les relations idéales, les lieux de vie, les activités… Jusqu’ici, c’est assez simple. Alors, pourquoi l’idéal s’est-il transformé en recherche de perfection? Parce qu’on s’est mis à se comparer!

La comparaison entre humains est à la source de tant de maux, on n’en soupçonne même pas l’ampleur. La comparaison provoque l’insatisfaction, la jalousie, la course à la performance pour être meilleur que l’autre, plus fort, plus intelligent, plus efficace, plus beau, plus sexy, plus, plus, plus…. Inévitablement, la comparaison se transforme en compétition, elle nous épuise et nous détourne de notre Être véritable. Il devient littéralement impossible de s’exprimer en fonction de notre essence quand on se compare et qu’on souhaite avoir ce que l’autre possède. Pourquoi? Parce que chacun de nous est unique.

Est-ce que le chêne se compare au roseau dans la nature? Est-ce qu’il se dit :  « Tiens, il est chanceux ce roseau, il peut plier dans le vent. Je vais essayer d’en faire autant »? Non. Le chêne est conscient de sa force, le roseau de sa flexibilité, l’érable de sa sève singulière…. Et on pourrait continuer sans fin pour tout ce qui existe à l’état naturel. Jamais la rose ne se compare à la marguerite, simplement parce qu’elles ont toutes deux conscience de l’unicité de leur parfum respectif. Même chose dans le règne animal. J’observe souvent la dynamique dans le troupeau de chevaux à notre écurie. Ils ont tous un rang, tous un rôle à jouer, tous une personnalité unique, et dès que leur place dans la hiérarchie est acquise, ils ne cherchent plus à prendre celle de l’autre. Le cheval alpha fait son travail de protecteur en restant à l’affût des prédateurs, et c’est pour cette raison qu’il mange en premier et qu’il fait sa loi dans le champ. Tout dans la nature est en équilibre et reconnaît sa place. Sauf chez les humains!

Alors, pourquoi avons-nous cesser d’être qui on est réellement pour se comparer et finir par vouloir être quelqu’un d’autre? Je le répète, pour être aimés et reconnus afin d’entrer dans le moule d’une société fondée sur des croyances et des conditionnements imposés principalement par des dictats économiques. Je n’entrerai pas dans les méandres de ces structures de l’ancien monde, mais je sais que nous avons le pouvoir de changer les choses, en commençant par se reconnaître dans toute notre grandeur, et en se permettant de l’exprimer sans réserve. Imaginez un monde où chaque être humain reconnaît ses talents, ses dons, ses qualités, bref, sa beauté intérieure, et s’exprime à partir de son idéal de vie. Se reconnaître, voilà l’ultime objectif des êtres humains. Puis, il nous reste à prendre notre place, ce qui permet à la lumière de notre Être de vivre une expérience totalement épanouissante sur ce plan de la matière.

Bien sûr, il s’agit d’un défi de chaque instant. Mais il faut commencer quelque part. Dans les ateliers d’éveil que j’offre depuis 2011, j’observe à quel point le thème de trouver et de prendre sa place est universel. Prendre sa place au travail, en relation, en famille, bref prendre sa place dans toutes les sphères de notre vie…  Je reviendrai dans la prochaine chronique sur ce thème d’une importance capitale à la création d’une vie heureuse. En attendant, je vous invite à prendre quelques minutes par jour, en plaçant votre intention avant la méditation ou la contemplation, pour reconnaître votre perfection intérieure et laisser émerger vos dons et talents véritables. À partir de cette nouvelle reconnaissance de soi, il devient graduellement possible de créer tous nos idéaux de vie… à condition d’accepter d’être parfaitement imparfait!