FAIRE SEMBLANT…
17938
post-template-default,single,single-post,postid-17938,single-format-standard,bridge-core-1.0.5,qode-quick-links-1.0,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-19.2.1,qode-theme-bridge,disabled_footer_top,qode_header_in_grid,wpb-js-composer js-comp-ver-6.0.5,vc_responsive

FAIRE SEMBLANT…

FAIRE SEMBLANT…

Fake it till you make it!

Cet adage, qui résonne encore plus en anglais, suggère de « faire semblant » jusqu’à ce que ça devienne une réalité. Cette technique, très utilisée par certains coachs américains pour transformer le négatif en positif, trouve ses fondements dans les preuves scientifiques de plus en plus nombreuses que la pensée crée.

Mais faire semblant ne va-t-il pas à l’encontre de toute démarche spirituelle, qui nous invite plutôt à être qui nous sommes réellement, authentique, sans jamais faire semblant de quoi que ce soit?

Pourtant, c’est ce que le grand Nelson Mandela a fait pour acquérir le courage nécessaire à traverser ses 27 ans en prison. De son propre aveu, il n’était pas très courageux de nature, mais il a développé son courage en faisant semblant. Ce qui m’amène à vous parler de la notion de choix.

Bien sûr, quand on est déclenché solide dans nos blessures, que ce soit de trahison, abandon, injustice, rejet ou humiliation, ce n’est pas le temps de l’ignorer en faisant semblant de jouer au plus fort. C’est le temps d’aller à la rencontre de l’émotion qui monte et d’écouter ce qu’elle cherche à nous enseigner. Dans mon salon, j’ai une « chaise à émotions » qui me sert à la fois pour méditer mais aussi pour « processer » les émotions vives quand elles remontent sans crier gare. Je vous le rappelle, j’ai appris avec l’expérience que la façon la plus rapide et la plus efficace pour transcender une blessure est de lui porter attention avec bienveillance, question de bien entendre son message. Par exemple, je peux me sentir trahie et chercher à changer le scénario en le réécrivant dans ma tête sans cesse, sans rien y changer si ce n’est d’en ressortir épuisée et frustrée. Mais la façon qui fonctionne le mieux de dépasser un tel épisode est assurément de voir de quelle façon je me suis trahie moi-même, et de me pardonner. Puis, aller de l’avant.

Une fois que cela est fait, faire semblant que tout va bien, que tout est parfait dans l’ordre des choses, devient la meilleure option pour installer un état de plénitude en soi. Pourquoi ? Parce qu’en faisant semblant, on fait consciemment le choix de notre état d’Être. On choisit de se mettre un sourire au visage et d’entretenir de belles pensées, ou simplement de profiter d’un beau paysage ou d’une belle musique ou tout autre truc qui nous élève, pour nourrir cet état. Cela paraît plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens. Pour moi, c’est comme aller au gym. Ça prend de l’entraînement pour commencer à voir des résultats. L’équation est simple. Plus on rumine, plus on déprime. Plus on s’entraîne à faire semblant d’être heureux, par contre, en choisissant un état joyeux et léger, plus la joie et la légèreté s’installent réellement.

On le sait, nous n’avons pas de contrôle sur les événements, mais nous pouvons développer la maîtrise de nos états d’être. Personnellement, je m’y applique à temps plein, avec de plus en plus de succès. Dès qu’une émotion vive me bouscule, je prends d’abord le temps de la vivre. Je n’essaie pas de la chasser, de l’engourdir, de la sublimer par une quelconque compensation. Je la vis, parce que je sais qu’elle a quelque chose à m’apprendre sur moi.

Puis, je fais semblant. Jusqu’à ce que ce soit la vraie affaire. Jusqu’à ce que mon sourire soit naturel et franc. J’ai fait ce choix pour la première fois à l’âge de 23 ans. J’en avais assez d’en vouloir à la Vie pour le suicide de mon père. Pas que je n’avais pas connu de plaisirs entre l’âge de 14 et de 23 ans. J’en avais même connu plusieurs. Mais toujours en surface. J’ai donc consciemment choisi de me plaquer un sourire au visage en permanence, et de faire semblant que cette même Vie était belle, peu importe les circonstances. En me permettant quand même de pleurer toutes les larmes de mon corps, quand j’avais de la peine. Et vous savez quoi? Cela a fonctionné. Pas pour tout, ni en tout temps, mais assez pour que je reprenne cette tactique après chaque coup dur depuis plus de 30 ans.

J’ai eu à le faire encore cette année. Après avoir « processé » une série d’émotions intenses, causées par une peine d’auto-trahison (c’est toujours le cas, mais encore faut-il l’admettre), j’ai recommencé à faire semblant que la Vie ne me veut que du bien, et que chaque petit pas en arrière me propulse plus loin devant. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que je viens d’atterrir sur ce « devant », où il fait de nouveau bon vivre. I faked it, and I made it. Mais seulement après avoir appris les leçons d’humilité transmises par cette cascade d’émotions.

Plus jeune, ma sage mère m’a enseignée de ne jamais sauter les étapes. C’est le plus grand des enseignements qu’elle m’a légués, avec celui de « balancer ça derrière son épaule », une fois l’expérience assimilée. Je l’applique à chaque revers que j’encaisse.

Étape 1 : rencontrer l’émotion

Étape 2 : apprendre la leçon

Étape 3 : faire semblant que tout va bien

Étape 4 : récolter la joie et la paix qui en découlent…

Qu’il en soit ainsi!