France Gauthier | La crise de foi
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La crise de foi

La crise de foi

Sur le chemin de l’éveil, nous sommes souvent mis à l’épreuve et il peut y avoir plusieurs événements qui viennent tester notre foi. Mais qu’est-ce que la foi au juste? Selon les différentes religions, la foi correspond à un ensemble de croyances auxquelles on adhère sans avoir de preuves tangibles de leur véracité. Dans le cas présent, je définis plutôt la foi comme une conviction profonde qui nous porte à savoir au plus profond de notre Être qu’une Conscience Supérieure (qu’on peut appeler aussi L’Univers, la Source ou Dieu) nous supporte et nous guide, notamment par nos voix intérieures.

Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie guidée. J’ai toujours cru en cette bonne étoile qui me montre le chemin quand je prends la peine d’élever mon regard pour la voir et surtout, entendre les messages qu’on me transmet par la voie des sensations, des perceptions, des inspirations. Si on veut relier tout ça à des concepts spirituels, disons que l’Esprit, présent en chacun de nous, nous souffle des inspirations de façon continue qui se glissent dans notre dialogue intérieur, et note Âme nous envoie des signaux par le biais de sensations et d’émotions (qu’on nomme aussi le langage de l’âme), perceptibles principalement dans notre poitrine. Quand on a un malaise en entrant dans un lieu où l’énergie nous semble lourde, par exemple, on le ressent souvent par un serrement de poitrine, une contraction qui monte jusqu’à la gorge et peut même nous étouffer ou nous causer des nausées. À l’opposé, quand on vit une grande joie, on ressent exactement l’inverse, soit une ouverture de la poitrine, une sensation d’expansion et d’excitation qui peut même se propager dans tout le corps. Quand le malaise perdure, que la contraction dans la poitrine devient quasi permanente pour quelques raisons que ce soit, telle une peine de trahison, d’abandon, de rejet, d’humiliation, d’injustice, de culpabilité, de perte de sens ou toute autre blessure émotionnelle… c’est à ce moment que survient la crise de foi!

Vous vous en doutez, j’en ai connu plusieurs dans ma vie. La première est survenue pendant mon adolescence, quand mon père s’est suicidé alors que je venais d’avoir 14 ans. J’ai vécu cette crise en me rebellant et en brûlant la chandelle par les deux bouts, ce qui s’est conclut par un premier burn out à l’âge de 17 ans et une première crise de foie à 18 ans (après avoir mangé ma première poutine!!!). Crise de foi qui résulte en crise en foie, ironique tout de même, et cela a finalement mené à l’ablation de ma vésicule biliaire à l’âge de 24 ans! Puis, chaque fois que je me suis retrouvée en petite boule dans mon lit pour une nouvelle peine de trahison ou autre, j’ai perdu ma foi. De crise en crise, j’ai pris conscience que je portais plusieurs blessures depuis plusieurs vies et qu’il était grandement de leur accorder toute mon attention pour mieux les guérir.

Et quand on se croit guéri, le Vie peut toujours et encore nous remettre à l’épreuve. Juste pour que vous vous sentiez mieux d’être peut-être retombé dans le piège à quelques reprises, sachez que moi aussi! Je vous en ai déjà parlé, je suis retombée très creux en 2011 et dernièrement, j’en ai vécu une nouvelle qui m’a pris par surprise. Je ne m’attarderai pas ici sur les raisons, elles peuvent être multiples d’ailleurs, mais la sensation de perdre pied, de ne plus trouver de sens aux événements et de se sentir abandonné par la Vie est identique. La douleur peut même se répandre dans tout le corps, comme si on avait été battu de l’intérieur. Si je peux décrire cette sensation avec autant de précision, c’est que je la connais bien. La beauté dans tout ça, c’est que sur le chemin de l’éveil, il y a de nombreux outils qui nous sont offerts et qu’on maîtrise de mieux en mieux à force de les utiliser. Lorsque la crise de foi se présente à nouveau, cet espace de vide intersidéral sans repère, on peut ressortir le coffre et reprendre les outils qui nous ont permis de construire notre échelle d’ascension. Et le temps pour retrouver notre paix et notre joie est de plus en plus court. Ma dernière crise aura duré trois jours. Trois jours et trois nuits pour mieux ressusciter à moi-même!

On m’a transmis un jour qu’on peut tous être à une respiration du bonheur. Je ne suis pas encore rendue là, mais j’y aspire et je sais que je vais y parvenir. Entre temps, personne n’est jamais à l’abri des émotions vives. L’émotion est humaine et ne disparaît pas avec la maîtrise. C’est la façon dont on gère l’émotion qui détermine plutôt notre niveau de maîtrise.

J’aurai probablement d’autres de crise de foi. Parce que l’évolution est sans fin. Et la vigilance de rester dans notre cœur, dans la conscience que le Grand Plan est parfait, est toujours de mise, jusqu’à notre dernier souffle en ce bas monde. On dit d’ailleurs que l’orgueil est le dernier piège qui guette même les plus grands maîtres jusqu’à leur mort… et on sait que les blessures d’orgueil peuvent être celles qui font le plus mal!

Alors, la prochaine fois que vous vous retrouverez en crise de foi, que la Vie ne fera plus aucun sens, que vous ne verrez plus ni la lumière ni même le tunnel, respirez dedans, ressortez votre coffre à outils et commencez par aller à la rencontre de cette noirceur, question de l’apprivoiser et d’accueillir sa présence. Une fois accueillie et acceptée, notre Être peut commencer à se détendre, et notre regard commence à percevoir des lueurs. Ce n’est pas qu’une métaphore. Dans ma Classe des maîtres, j’enseigne que le simple fait d’accorder de l’attention à notre souffrance, plutôt que de tenter de la fuir ou de l’engourdir, nous apporte de la joie. Et cette joie, telle un germe, grandit et fleurit beaucoup plus vite qu’on ne le pense quand on s’occupe de l’arroser avec amour.

Ce qui nous ramène inlassablement au vieux principe de base : si la médecine soigne, l’amour guérit. Aimons-nous assez pour nous guérir, la foi en soi et en la perfection de l’Univers ne peut que revenir plus forte encore!