France Gauthier | Les détachements nécessaires à la guérison
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Les détachements nécessaires à la guérison

Les détachements nécessaires à la guérison

En offrant mon premier atelier « La guérison : un état de conscience! », à L’École de la Vie, j’ai constaté à quel point la question des détachements et des renoncements, qui se trouve au cœur du thème de la guérison, était celle qui soulevait le plus de résistance chez les participants. Pourtant, tant qu’on entretient des liens d’attachements, que ce soit avec les gens qu’on aime, les objets qu’on possède, les acquis qu’on croit détenir ou les rôles qu’on tient dans notre vie (conjoint-mère-père-enfant-ami-patron-syndiqué-sauveur-victime…), on vit dans la peur de les perdre. Ces peurs, qui nous entraînent dans des luttes intérieures et des conflits extérieurs destructeurs, sont à l’origine de toutes nos malaises, mal-être et maladies.

Pourquoi résistons-nous autant? Par conditionnement. Dans notre système de croyances, on a confondu le détachement avec l’abandon ou l’égoïsme. On croit à tort que se détacher, notamment des gens qu’on aime, veut nécessairement dire qu’on les abandonne ou qu’on les trahis. En vérité, l’amour, le vrai, ne peut se vivre que dans le détachement total. Tout le reste devient par extension une forme de dépendance affective, consciente ou inconsciente, à différents niveaux. Alors, où tracer la ligne entre détachement et abandon?

Je vais vous donner l’exemple d’une femme dans mon entourage qui a développé des symptômes singuliers en raison de son lien d’attachement symbiotique avec sa fille. Quand son enfant est devenue une jeune adulte et qu’elle a fait des choix qui ne cadraient pas dans les « valeurs familiales ou de la société en général », la mère s’est mise à développer toutes sortes de maladies, dont une toux insistante qui ne guérissait pas et qui est toujours présente à ce jour. Après avoir consulté de nombreux spécialistes sans jamais pouvoir identifier de cause physiologique précise, elle a dû se rendre à l’évidence que cette toux persistante (qui entraîne régulièrement des vomissements) n’est causée que par son lien d’attachement « au bonheur de sa fille ». Chaque fois que cette mère entre dans une forme de jugement ou de culpabilité en lien avec les comportements de sa fille, chaque fois qu’elle a de « travers dans la gorge » les choix de son enfant, elle s’étouffe à s’en rendre malade! En clair, quand la mère prend sur elle « les malheurs » de sa fille, qu’elle s’en nourrit, la toux devient une façon de digérer et de retourner à la terre cette énergie trop lourde pour elle.

Je répète souvent qu’on ne peut tirer sur une fleur pour qu’elle pousse. J’en sais quelque chose, je l’ai essayé à plusieurs reprises et je les ai toutes arrachées! Vouloir prendre sur nous les malheurs des autres, vouloir sauver les autres ne peut que leur enlever le pouvoir de le faire par eux-même et en retarde l’échéance. Voyez ici le conditionnement de toute une société qui a acheté la croyance qu’il fallait aider les autres pour être reconnu comme « une bonne personne »

La vérité, c’est qu’il n’y a rien qu’on puisse faire pour sauver ou changer l’autre. On ne peut que se changer soi-même pour être pleinement heureux, et ce faisant, on offre la permission aux autres d’en faire autant, en leur temps. L’amour, dans ce cas, passe par le renoncement et le courage de laisser l’autre trouver toutes les solutions en lui-même. Faire confiance à son processus, même s’il diffère du nôtre, est une grande marque d’amour. Chaque être humain est parfaitement équipé pour s’affranchir de ses patterns auto-destructeurs, au moment qu’il le choisit. Et qui sommes-nous pour juger du rythme des autres ou des moyens qu’ils utilisent pour y parvenir. Plusieurs personnes, dont moi-même, ont besoin de macérer un certain temps dans un terrain plein de bouette pour enfin fleurir comme le lotus!

Les liens d’attachements affectifs qu’on entretient avec nos proches, principalement nos enfants, sont en fait une prison, tant pour eux que pour nous. Au nom de l’amour, on enferme les gens qu’on aime dans des tours dorées sous prétexte de les protéger. En vérité, il faut bien plus d’amour pour ouvrir la cage que pour en monter la garde!

Dans ce même esprit de renoncements, tous nos liens d’attachements à ce qu’on possède, que ce soit un objet, une demeure, un statut, un rôle, une relation… sont autant de chaînes qui nous maintiennent dans la 3ème dimension, celle des luttes émotionnelles et par extension, des maladies. Parce que, je le répète, tout attachement nous place dans un espace de peur, celle de perdre nos acquis bien sûr, mais aussi de petites peurs insidieuses comme celle de déplaire, de ne pas être à la hauteur, de faire de la peine, de se tromper, et j’en passe mille autres. En prenant conscience de ce fait, en amorçant les détachements dans l’amour inconditionnel, on entre dans le premier niveau de maîtrise, loin de la comparaison, de la compétition et du jugement. Puis, dans ce terrain fertile, la véritable guérison s’amorce.

Pour mieux comprendre et intégrer quels sont ces renoncements nécessaires, je vous invite à lire Vivre et Mourir… Guéri!