SOIGNER LE SOIGNEUR
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SOIGNER LE SOIGNEUR

SOIGNER LE SOIGNEUR

Qu’on soit médecin, infirmière, thérapeute, aidant naturel, soignant de tout acabit ou simplement mère, père, ami, sœur, frère, enfant de parents vieillissants… nous sommes tous appelés à accompagner et à soigner ceux qu’on aime à un moment ou un autre de notre vie. Et vient aussi un jour où nous avons tous à soigner le soigneur, pour garder l’équilibre.

Mais comment soigner le soigneur quand on se sent coincé entre les besoins de l’autre, le sentiment de culpabilité de prendre du temps pour soi ou le manque de relève ?

La première prise de conscience passe par l’acceptation que personne n’est indispensable. On me sert souvent l’argument que « personne ne peut accomplir la tâche à ma place » ou « ma mère veut que ce soit moi » ou « je ne peux demander ce sacrifice de temps à mes proches » ou « j’ai promis que je serais là »…  La liste d’excuses est interminable.

Avec notre mère, il a fallu transcender cette appréhension. Et elle y a pris goût quand un gentil bénévole a su la mettre en confiance lors de sa première expérience. Sans compter que ça lui faisait une nouvelle personne avec qui échanger tout en nous donnant un répit, ce qui ne peut qu’être gagnant-gagnant.

Il y a une nuance entre être dévoué à quelqu’un et prisonnier de nos conditionnements à aider. Sachez d’abord que l’Univers a horreur du vide, et qu’il va le combler si on cède notre place. Ma mère par exemple, qui multipliait les rendez-vous à l’hôpital dans ses deux dernières années de vie, espérait chaque fois qu’une de ses trois filles l’accompagne, pour ne pas « déranger personne ». Bien sûr, on le faisait aussi souvent qu’on le pouvait. Mais nous n’avions pas toujours cette disponibilité, ce qui nous a poussé à chercher des alternatives. Et savez-vous quoi ? Elles existent. De fabuleux services de bénévoles, entre autres, offrent un accompagnement au rendez-vous médicaux dans la plupart des régions. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres des solutions de rechange. Suffit seulement d’en faire la demande. Mais quel handicap que celui de la peur de demander, de peur d’avoir peur de ce que les autres vont en penser !

J’entends déjà certains d’entre vous rouspéter « Oui, mais moi, ce n’est pas juste un rendez-vous à la clinique, ce sont des soins quotidiens, une présence, une expertise… » D’accord. N’empêche que personne n’est indispensable et que si on s’absente pour se donner à soi, le vide va se remplir. Ça demeure toujours une question de choix.

L’été 2019 aura été celui où j’ai soigné le soigneur en moi. Après des années d’accompagnement des autres, je me suis accompagnée. Pour ça, j’ai suivi des ateliers avec d’autres enseignants, j’ai fait un voyage en cœur de mon Être au Mont Shasta en Californie et surtout, pris le temps de vivre des états d’expansion dans la nature qui m’ont été des plus salvateurs. J’aurais pu m’en priver par peur de manquer de sous, ou manquer de temps pour mes projets, ou manquer des événements en famille et entre amis. Mais toutes ces peurs ont été remplacées par la conviction qu’il arrive un temps où on se doit de soigner le soigneur, sans quoi aucune autre activité ne peut être entreprise, faute d’énergie.

En prime, soigner le soigneur veut aussi dire prendre le temps pour se rencontrer. C’est fou ce qu’on découvre quand on retrouve cet espace en soi. Je vous le donne en mille : dans mon cas, ça m’a permis de vivre un autre shift de conscience, mais surtout, de ressentir un nouvel élan créateur que je partagerai avec vous dans les mois à venir…